9/23/2017

Le camp des autres- Le soir - 23/24 septembre 2017


Un grand merci à Pierre Maury pour ce bel article à propos de mon livre Le camp des autres (Alma Editeur) dans le journal Le Soir.

Pense Bête


Penses bien de temps en temps
à partager pour rien
un ou deux petits verres de brume
avec ton désespoir d'enfant

9/14/2017

Programme du Week end

15 septembre à 19h: 
rencontre-dialogue avec Timothée de Fombelle
 à la librairie Coiffard 
à Nantes (44).
16 septembre de 15h à 17h:
 rencontre-signature
à la Librairie Gibert-Joseph 
à St.Germain-en-Laye (78).
17 septembre de 12h30 à 14h30 : 
 dédicaces 
au Forum FNAC  du Livre
 à la Halle des Blancs-Manteaux, Paris (4e)

9/12/2017

L'alpha et l'omega


J'offre un poème
rempli de dents
de sang 
et de fierté
à tous les omega qui tiennent

9/09/2017

Et Sasha Grey a un compte instagram

La nuit a été longue
j'ai écrasé en enfer
 le serpent gluant de la peur
puis la lune a mis à l'amende
tous les réverbères de la terre
je pète seul au petit jour
J'aime être minuscule
sous le ciel infini
qui veut un poème d'amour ?

9/08/2017

Jessie Reyez - Shutter Island (Official Video)

Le camp des autres - Extrait



"Le Général
La clarté que l'on nous refuse nous la volerons avec le feu. Nous coiffons la nuit au poteau. Nous rallumons les nues. Nous sommes la suie qui ne mérite pas l'azur. Nous sommes la chair rouge des braises. La petite viande perdue. Au début le sang et le feu ont la même couleur. Au début seulement. Ensuite il ne reste que la nuit. Il y a des oiseaux qui n'ont pas droit au ciel. Ils le voleront. Nous partagerons de force. Nous prendront ce qu'on nous refuse. Nous sommes la fin des flammes. Le feu qui se tord. Le feu affamé d'air. L'esprit affamé de la justice. Nous sommes les flammes sans lumière. C'est la nuit que nous voyons le mieux, car c'est elle qui nous accueille. C'est le noir qui nous éclaire. La nuit est notre règne, la forêt notre patrie. Nous sommes les fils des bois perdus, de la route, de la boue des chemins. Nous sommes les fauves en exil. Les apatrides. Les moins que chien. Nous sommes les rats et les renards, les hérissons, les ailes tranchantes du grand-duc. Nous sommes les yeux de la mule aux flanc lacérés. La chair à canon et à usine, la viande pour leurs grosses dents. Nous sommes les invisibles, le choléra, le nègre, l'ongle noir de Satan. Nous sommes la famille de vos sacrifices, les cornus, les sauvages, les bouffeurs d'ombre, les récalcitrants. Nous sommes le vent qui souffle sur les braises, les morts pour rien dans la brume de l'empire, la rage des chiens. Venez avec moi, je vous offre l'outrage, la brûlure, la ruade, le galop. Je vous offre la liberté des flammes sans lumière."

9/07/2017

On veillit bien, non ?

 Young Aphrodites (Μικρές Αφροδίτες Mikres Afrodites) - 1963
Directed by Nikos Koundouros


Levé tôt pour écrire un poème sur la rencontre fortuite de notre amour et de notre jeunesse (suis comme ça moi je me lève tôt pour écrire un poème sur la rencontre fortuite de notre amour et de notre jeunesse). Pourquoi est ce qu'en plein milieu de l'obscurité je me suis souvenu de ce moment il y a quinze ans où une aube de juillet coulait par dessus les toits de Montpellier comme une ribambelle de saumons excités ? Nous étions les deux rescapés de la nuit, couchés sur les tuiles roses, tu avais une robe blanche et j'avais posé ma main sur ton ventre pendant que tu t'endormais. Avec le peu de neurones qu'il me restait, je m'étais dit ça y est, j'aime quelqu'un qui m'aime. Sans savoir encore mais en sentant déjà que ma vie d'adulte, la vraie, allait commencer là. Dans cette façon d'assumer le risque de vivre qu'autorise parfois l'amour. A présent le jour est levé, tu es partie vite, en retard, à ton nouveau travail. A peine le temps de se croiser et de mal se comprendre. Je regarde les photos des enfants sur les murs en buvant à petites gorgées ma veille compagne la solitude au fond du bol de café. On a avancé. On a pris des coups. On s'en est donnés. On sait bien à présent que personne ne s'aime jamais comme il faudrait. Qu'à chaque instant on doit se retrouver. Le jour est bien levé maintenant, sa bataille habituelle commence. J'entend à la radio qu'on vieillit plus vite dans l'espace. Ok mais à condition d'y être ensemble. Veillir c'est savoir que ça vaut le coup d'essayer.

9/06/2017

Les Petits Pigeons - Michel Simon - Drôle de Drame

Poétwitt











9/05/2017

Décapage Numéro 57 est là et mardi est moins gris, youpi !




Le Journal littéraire
Vincent Delecroix
Un journal à lire avant la fin du monde
Regards
#1 Philippe Forest
Des conseils aux auteurs qui voudraient écrire sur des peintres
#2 Olivier Bessard-Banquy
Une brève étude historico-comparative de l’édition
L’Interview imaginaire
Henry Miller
Une conversation détonante avec Henry Miller
Et moi, je vous en pose des questions ?
François-Henri Désérable
Tout savoir sur l’auteur en moins d’une minute, montre en main
Pour remonter le moral de l’auteur
Iegor Gran
Quelques conseils pour ne pas sombrer dans la neurasthénie
Notes de bas de page & poils de chèvre
Arthur Devriendt
La chronique sens dessus dessous
Posture (et imposture) de l’homme de lettres
Jean-François Kierzkowski
Quand les auteurs s’engagent…
La Pause
Alban Perinet et Jean-Baptiste Gendarme
La thématique
« Ces livres qu’on ne lit pas »
Intéressons-nous aux livres que les écrivains ne lisent pas mais qu’on trouve quand même dans leurs rayonnages. Comment sont-ils arrivés là ? Cadeaux ? Achats compulsifs ? Promesse d’une lecture prochaine ? Et pourquoi les gardent-ils ?
Avec : Agnès Mathieu-Daudé, Alice Zeniter, Grégoire Polet,
Julia Kerninon, Lydie Salvayre, Maria Pourchet, Pierric Bailly,
Thomas Vinau, Valentin Retz…
La Panoplie Littéraire
Carte blanche à Jean-Philippe Toussaint
Création
Sara-Ànanda Fleury
Néon Bible
Nouvelle illustrée par Floriane Ricard
Steve Tesich
Mariage en dilettante
Nouvelle traduite de l’anglais (États-Unis) par Yoko Lacour
et illustrée par Elis Wilk
David Thomas
Mondialisation et autres textes
Microfictions illustrées par Maya Brudieux

Numéro 57

9/02/2017

La somme vertigineuse de tous ceux qu'il n'était pas

Enfant, il lui arrivait de pleurer silencieusement en implorant de comprendre pouquoi il n'était que lui. Plus tard, engoncé dans sa peur de n'être quasiment rien, il se tint malgré tout à bonne distance des autres, qui ne représentaient en fin de compte que la somme vertigineuse de tous ceux qu'il n'était pas. Et puis le désir sexuel est arrivé comme un langage télégraphique en forme de plaisir ou de souffrance entre son corps et celui d'autrui. Le temps est passé sur tout ça en abîmant plus ou moins ce qui ne pouvait être recueilli et exceptionnellement sauvé par la douceur de la peau de l'intérieur de leurs mains. Finalement il lui restait les rêves. Et la littérature.

8/30/2017

Les épis bleus - Ensemble

Un ninja
en pyjama
m'empêche d'écrire
mon poème
derrière lui la lumière
du ciel qui se couvre
à travers la fenêtre
donne à ses épis
des reflets bleus
je râle un peu
pense à le moucher
bien bête la bête
le poème
est là

(à Gaspard)



On a marché ensemble
à travers les éclats de verre
du matin sur le trottoir
et puis pas loin de la crèche
on a couru ensemble
ta main dans la mienne
et mon dos courbé
faisant rebondir
la graisse de mon ventre
au rythme de tes petits pas
tu riais
et je pensais
voilà !

(à Joseph)

8/29/2017

mdr

Il y a sur cette terre
un nombre considérable 
d'êtres désespérement seuls
et un nombre probablement
 aussi conséquent de personnes 
désespérement accompagnées
à ce stade d'ironie du sort
je pense qu'on peut parler
d'une bonne dose 
de perversité 
cosmique

8/26/2017

Lumière couleur de sang


Tous en ce monde
autour du grand brasier glacé
à tourner en courant
comme des guerriers indiens
qui jouent aux enfants

8/25/2017

Lucio Bukowski & Milka - Si Chopin avait eu une MPC, Baudelaire aurait r...

ça reste entre nous

Aux heures ocres d'une fin d'après-midi d'été. Entre la latitude des pies hagardes et la longitude des dernières cloques du buis brûlé. Pile entre deux éternuements de chien. Là où le vent trempe ses pieds dans la grande lessiveuse des nuages. Lumière voilée d'ailes d'oiseaux. Mélisse et lierre entremêlées. Là. Au moment même où le pieds de tomates trop mûres à fini de ployer au rythme des crépitements de larves de guêpe. L'infime infinité d'un minuscule orage a traversé le ciel. Trois gouttes sont tombées sur la poussière des dalles pour s'effacer aussitôt et ne laisser que le parfum invisible de leur piste dans mes narines. J'ai alors imédiatement pensé à la minuscule tempête de neige de Richard Brautigan, bien heureux de constater qu'à travers les époques, les saisons, les continents, le grandiose et le minuscule continuaient à fleurter sous nos gros nez.

Le camps des autres - Par ci par là

Dans le 1 des libraires Nos coups de coeur de la rentrée



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8/23/2017

Pendant que la peau se déchire

(photo chopée )

Un bouquet de serpents
glisse sur nos actes 
il laisse en passant 
une mue 
engluantée de peur 
sécher au soleil pâle
des mots
il ondule rampe
d'un refuge à l'autre
en sifflant
cette langue grotesque
d'étoile en miettes

Peut-on vraiment vivre 
toute une vie ?